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30 septembre 2022
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Le plan d’action Produits phytosanitaires porte ses fruits

Afin de réduire les risques liés aux produits phytosanitaires, le Conseil fédéral a adopté en 2007 le « plan d’action Produits phytosanitaires ». Deux tiers des mesures définies à ce titre ont été introduites depuis lors et prouvent leur efficacité. D’autres instruments sont en cours d’élaboration. Plus de 80 millions de francs ont été investis jusqu’à présent par la Confédération et près d’une centaine d’emplois à temps plein sont dédiés à la réalisation de ces tâches.

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Chaque année en septembre, l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) publie un rapport sur l’état d’avancement des travaux. Parallèlement, une conférence publique sur le plan d’action national est organisée annuellement, au cours de laquelle les projets sont présentés et discutés. Sur les 51 mesures du plan d’action, 32 ont été introduites et trouvent une application de plus en plus large dans la pratique.

Le plan d’action repose sur trois piliers : une partie des mesures est directement axée sur la réduction des risques pour les eaux de surface, les utilisateurs et les organismes non ciblés. Ce volet s’accompagne d’améliorations dans l’utilisation des produits phytosanitaires, comme la réduction des quantités appliquées et des émissions, sans pour autant mettre en péril la protection des cultures. Enfin les mesures sont encadrées par des instruments de recherche, de formation, de conseil, de suivi permanent des résultats et d’information des milieux concernés (voir schéma ci-dessus).

Mesures du plan d’action mises en œuvre

Pour réduire les applications et les émissions de produits phytosanitaires, des mesures ont été introduites afin de promouvoir le désherbage mécanique ainsi que pour diminuer les applications sur les fruits, la vigne et les betteraves sucrières. L’utilisation de pulvérisateurs à dérive réduite est encouragée afin de favoriser l’usage ciblé des substances phytosanitaires. Les règles de dosage ont été mieux adaptées aux besoins effectifs, et la liste des produits autorisés pour le jardinage de loisirs a été resserrée.

(Graphique : OFAG / Présentation Jan Waespe)

Les agriculteurs reçoivent également des contributions s’ils renoncent à utiliser certains produits phytosanitaires. Cela porte ses fruits : pour la vigne et les fruits, les surfaces en Suisse sur lesquelles l’utilisation d’herbicides a été totalement abandonnée ont quadruplé entre 2017 et 2021, pour dépasser nettement 20 %. Pour les terres arables ouvertes, la part des surfaces renonçant aux traitements fongicides et insecticides dépasse déjà 55 %, et la tendance continue à la hausse. Des surfaces de culture toujours plus importantes sont exploitées sans herbicides, insecticides ni fongicides.

Notamment grâce aux mesures du plan d’action, les quantités vendues de produits phytosanitaires reculent en Suisse. De plus, on observe de plus en plus des changements dans les substances actives utilisées. La quantité de produits autorisés exclusivement pour l’agriculture conventionnelle a diminué de 45 % entre 2008 et 2020. Parallèlement, la quantité de produits autorisés aussi bien en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle a augmenté de 51 %, car les agriculteurs conventionnels utilisent de plus en plus de produits phytosanitaires bio. Ce groupe comprend par exemple le soufre et l’huile de paraffine, qui, avec un total de 675 tonnes, représentent près d’un tiers du volume total des ventes de 1 928 tonnes. Entre 2008 et 2020, les ventes ont diminué de 14 %. La baisse a été particulièrement marquée pour les herbicides (-43 %).

Pour protéger les eaux, des prescriptions d’utilisation plus strictes contre le ruissellement des substances actives depuis les champs ont été édictées. Comme, lors du nettoyage des pulvérisateurs à la ferme, il existe un risque que des produits phytosanitaires parviennent dans les eaux ou dans les égouts, les aires de lavage sont contrôlées et l’installation ou l’assainissement d’aires de lavage sans écoulement est encouragé. Plus de 500 de ces aires de nettoyage optimisées ont déjà pu être réalisées grâce à un soutien financier aux agriculteurs. Les systèmes automatiques de nettoyage intérieur des cuves de pulvérisation sont également encouragés.

Pour le protection des utilisateurs, une boîte à outils Protection des utilisateurs a été développée ainsi qu’un système de feux tricolores simple, qui facilite aux agriculteurs le choix de l’équipement de protection approprié. En outre, des études sur la protection de la santé des utilisateurs et des formations pour les conseillers cantonaux en protection des végétaux ont été réalisées.

Toute une série de projets de recherche et de conseil viennent compléter les activités. Il s’agit notamment de dix projets de protection des eaux et des ressources, dans lesquels l’efficacité de différentes mesures visant à réduire, dans la pratique, le risque lié aux produits phytosanitaires est testée dans diverses régions. La plateforme « Produits phytosanitaires et eaux » sert de point de contact à l’interface entre la recherche scientifique, le conseil et la mise en œuvre des mesures.

Mesures complémentaires

Au printemps 2021, le Conseil national et le Conseil des États ont également inscrit les objectifs dans la loi afin de les rendre plus contraignants. D’ici 2027, les risques liés aux produits phytosanitaires pour les eaux de surface, les habitats proches de l’état naturel et les eaux souterraines doivent être réduits de 50 %. D’importantes ordonnances pour une agriculture plus durable sont déjà en vigueur, d’autres sont encore en préparation. Par ailleurs, 19 autres mesures du plan d’action sont encore en cours d’élaboration. Il s’agit par exemple de méthodes améliorées d’évaluation des risques, d’un renforcement du conseil public ainsi que d’une meilleure information et formation continue pour les utilisateurs professionnels de produits phytosanitaires. Avec les mesures déjà en cours, cela conduira à une protection encore améliorée de l’environnement, des utilisateurs et des consommateurs. Un point important est de ne pas négliger la protection des cultures, afin de continuer à garantir l’approvisionnement en denrées alimentaires saines, produites localement.

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