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25 août 2023
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Les agriculteurs manquent toujours plus de moyens de protection efficace des cultures

La protection efficace des cultures contre les maladies et les ravageurs est indispensable à une production végétale durable, sans quoi des pertes de récolte et des baisses de qualité menacent. Toutefois, la boîte à outils des agriculteurs pour la protection des végétaux s’amenuise de plus en plus ; dans de nombreux cas, il n’existe plus de mesures de protection efficaces. Cela met en péril la production locale de denrées alimentaires de haute qualité.

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Les consommatrices et consommateurs ont des attentes élevées en matière de qualité et de disponibilité des produits agricoles locaux. D’un autre côté, l’utilisation de produits phytosanitaires (PPh) est jugée de plus en plus sévèrement. Bien que l’agriculture mise depuis longtemps sur des mesures préventives et n’utilise les produits phytosanitaires que selon la devise « aussi peu que possible – autant que nécessaire », de nouvelles mesures ont été adoptées en 2017 dans le cadre du plan d’action national Produits phytosanitaires afin de réduire les risques potentiels liés à leur utilisation. De plus, en 2022, suite à l’initiative parlementaire 19.475 « Réduire le risque de l’utilisation de pesticides », le Conseil fédéral a ancré une trajectoire de réduction pour l’utilisation des produits phytosanitaires dans le cadre d’un train d’ordonnances.

Plus de 200 substances actives phytosanitaires ont perdu leur homologation en Suisse depuis 2005. Dans de nombreux cas, les alternatives efficaces font toutefois défaut. Les quelques nouveaux produits autorisés ne suffisent pas à combler les lacunes qui apparaissent. Pour le traitement de nombreuses cultures, le choix des produits phytosanitaires est donc de plus en plus restreint. Faute de choix, les agriculteurs sont contraints d’utiliser toujours les mêmes produits. C’est problématique, car cela favorise le développement de résistances chez les ravageurs et les agents pathogènes.

La situation devient particulièrement difficile lorsque, pour certaines cultures, plus aucun moyen approprié n’est disponible pour les protéger contre des menaces spécifiques.

Évolution des cultures manquant de possibilités de protection et du nombre d’autorisations d’urgence (source : Union suisse des paysans, rapport de situation sur la protection des végétaux 2023)

Pour d’importantes plantes utiles, les moyens de protection font désormais défaut. Ainsi, les pommes de terre sont exposées aux dégâts causés par les taupins, qui laissent des traces peu appétissantes dans les tubercules et rendent ainsi une partie de la récolte invendable. Chez la betterave sucrière, l’altise provoque des dégâts de morsure sur les jeunes feuilles, réduisant ainsi les rendements, et les pucerons transmettent l’agent pathogène de la jaunisse virale. Pour le colza, les larves du charançon de la tige rongent l’intérieur des tiges des plantes, perturbant ainsi leur croissance. Mais la liste des cultures manquant de moyens de protection est encore bien plus longue. Les carottes sont menacées par les nématodes à galles, le céleri-branche par les tétranyques et le chou de Bruxelles par l’aleurode. L’Union suisse des paysans (USP) recense près de quatre-vingts combinaisons avec une protection insuffisante dans son « Rapport de situation sur la protection des végétaux » annuel.

Afin de pouvoir maintenir la culture de ces produits en Suisse, des autorisations d’urgence pour certaines préparations phytosanitaires doivent être demandées chaque année. Leur nombre augmente inexorablement depuis des années (voir graphique). Pour les années à venir, des restrictions supplémentaires sur les mesures de protection phytosanitaire sont prévues. Parallèlement, environ 700 demandes d’homologation de produits phytosanitaires sont en attente auprès des autorités.

L’USP critique le fait que les restrictions systématiques de la disponibilité de produits phytosanitaires efficaces entraîneront la disparition d’un élément essentiel du système global de « protection des végétaux », sans que des alternatives ne soient disponibles. Du point de vue de la production végétale et de la sécurité alimentaire, cela serait irresponsable. L’USP demande donc des mesures efficaces pour préserver une agriculture locale productive et une réorientation de la politique suisse en matière de produits phytosanitaires. Cela implique pour elle, entre autres, le déblocage de la procédure d’homologation ou un développement du suivi environnemental adapté à la pratique.

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