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14 juin 2022
Kirschessigfliege auf Himbeere (Photo: Hannah Burrack/insectimages.com, https://bit.ly/3aijmyF )

Un antagoniste exotique de la drosophile du cerisier s’avère prometteur

Un antagoniste naturel de la drosophile du cerisier, une guêpe parasitoïde issue du pays d’origine du ravageur, est sans danger pour l’espèce indigène non visée Drosophila melanogaster. C’est ce qu’ont montré des essais réalisés en Suisse dans des champs fermés (cages).

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La drosophile du cerisier (Drosophila suzukii) est originaire d’Asie orientale et s’est propagée dans d’autres parties d’Asie ainsi qu’en Amérique, en Europe et en Afrique. Elle s’attaque à toutes les espèces de fruits à chair tendre comme les baies, les cerises, les pruneaux et le raisin, ainsi qu’aux fruits de nombreuses plantes sauvages. Contrairement aux autres espèces de Drosophila qui attaquent principalement les fruits trop mûrs et en décomposition, les femelles de D. suzukii pondent leurs œufs dans des fruits intacts et en cours de maturation. Cette espèce invasive cause des dégâts importants dans les cultures fruitières.

Lutte biologique à l’aide d’une guêpe parasitoïde

Un antagoniste naturel pourrait se prêter à la lutte biologique contre D. suzukii. Dans l’aire d’origine de D. suzukii, les chercheurs ont en effet découvert la guêpe parasitoïde G1 Ganaspis cf. brasiliensis, qui n’attaque très spécifiquement que les larves des espèces de Drosophila dans les fruits frais. Étant donné que dans ses nouvelles aires de répartition, D. suzukii est la seule espèce de Drosophila à s’attaquer aux fruits frais, il existe un faible risque que les espèces non visées soient parasitées par la guêpe.

Les études en laboratoire ayant été concluantes, des demandes d’autorisation pour une dissémination expérimentale de la guêpe parasitoïde sont maintenant en cours dans différents pays. En Suisse, l’Office fédéral de l’environnement a approuvé la dissémination dans des cages en juin 2021. L’objectif était d’étudier si, même dans des conditions contrôlées, la guêpe parasitoïde n’attaquait que la drosophile du cerisier ou si elle parasitait également l’espèce apparentée, à savoir la drosophile indigène D. melanogaster.

Drosophile indigène à peine parasitée

Les essais ont été menés à l’été 2021 sur deux sites, au sud et au nord des Alpes, à Cadenazzo (TI) et Delémont (JU), dans des cages fermées et sécurisées à plusieurs reprises. Les guêpes parasitoïdes libérées avaient le choix entre des larves de D. suzukii dans des fruits frais et des larves de D. melanogaster dans des fruits en décomposition. En moyenne, 15 % des larves de D. suzukii ont été parasitées, tandis qu’une seule guêpe parasitoïde s’est développée à partir des larves de D. melanogaster (0,02 %).

Les résultats confirment les conclusions des expériences en laboratoire, selon lesquelles la guêpe parasitoïde n’attaque guère les espèces non ciblées qui se reproduisent sur des fruits en décomposition. Il est ainsi confirmé qu’une lutte biologique contre D. suzukii à l’aide de la guêpe parasitoïde G. brasiliensis ne devrait pas avoir d’effets négatifs graves sur les espèces non ciblées.

Essais de dissémination prévus

Des essais de dissémination de la guêpe parasitoïde G. brasiliensis sont désormais nécessaires pour vérifier l’efficacité de la lutte biologique contre D. suzukii en conditions de plein champ. Une première dissémination a eu lieu en Italie en 2021. Aux États-Unis, une dissémination est autorisée et en Suisse, une demande de dissémination a été déposée en février 2022.

Conclusion

  • Des essais en cages ont été menés pour déterminer si la guêpe parasitoïde Ganaspis brasiliensis n’attaquait que la drosophile du cerisier (Drosophila suzukii) ou si elle représentait également un danger pour la drosophile indigène D. melanogaster.
  • Les larves de D. suzukii ont été parasitées en moyenne à 15 %, tandis qu’une seule guêpe parasitoïde s’est développée à partir des larves de D. melanogaster (0,02 %).
  • Les résultats confirment les conclusions des expériences en laboratoire et indiquent un faible risque de dissémination de la guêpe parasitoïde pour les espèces indigènes de Drosophila.

(Source : Agrarforschung Schweiz, 01.06.2022)

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